Les difficultés d’approvisionnement dans l’industrie qui étaient liées au covid sont aujourd’hui amplifiées par la guerre en Ukraine. Ces incertitudes continuent d’affaiblir l'activité économique mondiale. Les banques centrales qui étaient lancées dans le soutien des économies affaiblies par le covid sont aujourd’hui obligées de relever leurs taux pour lutter contre la hausse généralisée de l’inflation. Cette situation n’épargne pas la zone UEMOA.
Evolution de l’Indice d’Harmonisé des Prix à la Consommation dans l’UEMOA



Dans la zone UEMOA, comme un peu partout dans le monde, le rythme haussier de l'inflation entraine la hausse des taux directeur de la BCEAO. Selon la banque centrale « au titre de la situation monétaire et financière de l'UEMOA, la politique monétaire de la BCEAO est restée accommodante, depuis le déclenchement de la crise sanitaire, en dépit du relèvement des taux directeurs à compter du 16 juin 2022 (+25 pdb) et du 16 septembre 2022 (+25 pdb) ».

Evolution mensuelle des taux d’intérêt sur le marché monétaire



Quels sont les conséquences de la hausse des taux dans le bilan des banques de la zone UEMOA ?


L’objectif de la gestion active de bilan est de stabiliser la marge nette d’intérêt tout en limitant les effets de variation de MTM, liées aux taux d’intérêts, sur la valeur économique de la banque. Les banques de la zone UEMOA sont pour la plupart très exposées sur les titres d’état. Elles ont aussi une structure de bilan dans laquelle la duration de l’actif est trop importante par rapport à celle du passif. La hausse des taux pourrait rester une aubaine pour leur MNI mais elle peut en même temps être très dangereuse pour leur valeur économique. En effet la hausse des taux va diminuer la valeur du portefeuille des titre d’état. Et comme les banques sont très exposées à ce type d’actif, ceci va impacter la valeur économique des banques. Cet impact est d’autant plus important que si la duration de l’actif est très importante par rapport à celle du passif. Les marchés secondaires de la zone étant très peu développés, les banques ont très peu de marges de manœuvre pour couvrir leurs risques structurels. Cette si situation doit inviter aux banquiers à une très grande prudence dans la situation économique actuelle ou l’incertitude domine dans toutes les zones économiques.

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Publié par Ousmane DIOUF
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